La Fabrique

A l’extrémité d’un tapis roulant transparent s’égrènent des caractères composés de gouttes d’eau. Les motifs irréguliers formés par ce bricolage d’imprimante sont ensuite recouverts d’un chapelet de soldats en plastiques multicolores avant que l’ensemble ne s’immobilise sous un projecteur qui révèle en ombres chinoises ce qui ressemblerait au bilan d’une guerre menée en milieu liquide.Après une courte pause, la machine s’anime à nouveau dans un bruit assourdissant, pour recycler sans cesse ses troupes miniatures et les mêler à ses pixels irréguliers qu’elle transfigure en flaques géantes vibrant comme des yeux glauques en un travelling monotone defilant sur l’écran.
En une parodie de chaîne de montage, La Fabrique emprunte à l’imagerie d’une charnière des siècles, celle de la « Der des der », de Jules Marey et de son fusil chrono-photographique, et forme une image où se condensent l’avènement de la guerre industrielle et la naissance du cinéma.