Molécule Eden

La corde d’airain ajoutée à sa lyre – par Mériam Korichi Nicolas Darrot ajoute à sa lyre une corde d’airain. Solennise une tête de devin au bonnet pointu, qui s’est tue. La matière d’airain se dévide de ses yeux, et non plus des mots de sa bouche. Laconisme édénique de la présence. Se sont éclipsées les bouches articulées délivrant un son automatisé, dont les ressorts sont dévoilés au regard, volontairement, par transparence du montage exhibant la structure mécanique, circuits électriques, diodes, bobines, pistons, fils qui s’enroulent et se déroulent actionnant le mouvement, et le son, moyennant un bouton qu’on déclenche …

Le journal de enfants-loups de Midnapore, Indes.

Par Marguerite Pilven   «S’il n’existait point d’animaux, la nature de l’homme serait encore plus incompréhensible». Depuis plusieurs années, le travail de Nicolas Darrot entre en résonance avec ce propos de Buffon. Les narrations décrites par ses dispositifs opèrent toujours une confrontation de l’homme à l’animal, menant au face à face plus dramatique de l’homme à sa propre animalité. Ecrit dans les années 20, le témoignage d’un révérend anglais ayant recueilli deux fillettes élevées par des loups au fond d’une termitière fournit le point de départ du nouveau travail de l’artiste. Ni vraiment humaines, ni totalement animales, leur description fait …

Les noces chimiques

 Par Marguerite Pilven   « Les hommes ne savent pas comment ce qui varie est d’accord avec soi. Il y a une harmonie de tensions opposées comme celle de l’arc et de la lyre. » Héraclite, fragments.   L’installation réalisée par Nicolas Darrot à la Maison Rouge met en relation deux éléments se distinguant d’emblée par des oppositions marquées. Une sonde solitaire, blanche et aérienne, une armée de corbeaux bruyante, agitée et hirsute. Ces corbeaux enfermés à l’envol impossible seraient-ils une figure de la mélancolie ? Longtemps associée au mouvement des astres, à l’influence néfaste de Saturne ou des lunaisons, la neurophysiologie l’explique …

Dronecast / Épingler la mort une poésie critique du froid poème de la vie

Par Isabelle Hersant. Du fantastique, on pourrait dire qu’il est une façon d’exprimer à la fois que la nature a fait son temps et qu’elle demeure néanmoins le sujet immanent de la culture. En effet, si la notion d’origine est assumée tout entière par la première tandis que la deuxième répond seule pour la notion de devenir, la nature n’en est pas moins l’exacte cause d’une perpétuelle mise en abîme de la culture. Aussi, de l’effroi produit par l’impossible dichotomie entre l’homme et la bête, c’est ce dont il s’agit avec le dit genre, considéré comme mineur, d’être apparenté à …

Mécanique de bateau mobile

Un visiteur chercherait en vain le clou du spectacle dans cette petite mécanique, fragile et compliquée, conçue peut-être afin de présenter quelque manœuvre de marine, quelque roulis, les prémices d’une tempête. Ayant perdu le reste du tableau, l’élément joue sa partition seul, avec une application un peu pathétique. Le socle sur lequel il repose évoque la table d’un laboratoire et nous renvoie à une hésitation qui fait la saveur même de l’objet. Comme le mouvement qu’il produit, ce morceau d’horloge se place sur un fil tendu entre une galerie d’automates et une autre, plus sérieuse, qui nous parle d’histoire des …